Continuons notre fabuleux voyage à travers les coulisses de nos campagnes ! Souvenez-vous, la dernière fois, Jean Collette nous avait parlé de son métier de Directeur Artistique… Aujourd’hui, c’est Stéphane Huard, le photographe des 5 dernières campagnes NAF NAF, qui se prête au jeu de nos questions/réponses, et qui partage avec nous son passionnant métier. Celui pour qui « faire des photos, c’est une question à chaque fois, une réponse à chaque fois » nous révèle les secrets de fabrication d’une campagne pour NAF NAF, du choix du modèle au choix de LA photo finale.

Bonjour Stéphane, bienvenue sur le blog de NAF NAF ! Vous êtes l’œil derrière l’objectif des shootings NAF NAF depuis l’été 2010. Racontez-nous.
C’est différent à chaque fois ! La première campagne sur laquelle j’ai travaillé, nous l’avons complètement recréée : nous avons shooté la photo du personnage à Paris et ensuite celle du paysage à Madrid. Pour la campagne suivante (le château dans la neige), nous avons pour la première fois adaptée la robe à la campagne. C’est-à-dire que la robe a été tout spécialement créée pour cette campagne, ce fût un vrai travail d’équipe entre Jean Collette, et le style NAF NAF. La collection n’était pas dans l’univers féérique et de conte que l’on souhaitait créer. Il fallait que l’histoire et la robe fonctionnent ensemble. Cette robe est devenue emblématique et on l’a retrouvée dans la campagne suivante. Elle est arrivée au bon moment, car la tendance ne présumait pas du tout cela. Elle est devenue l’emblème de la marque en quelque sorte.


Quant au catalogue, il est fait sur fond blanc, à l’initiative de Jean Collette. On travaille très bien ensemble. Il a énormément d’idées, de liberté de penser, et beaucoup de respect pour mon métier ce qui me rend libre moi aussi. Il y a beaucoup de dialogue entre nous. Et la grande force de NAF NAF c’est de nous avoir laissé faire, de nous avoir fait confiance. Beaucoup de marque essaient de se ressembler, et c’est bien aussi de laisser un peu de souffle.
Comment travaillez-vous l’univers NAF NAF lors de vos shootings ?
Le travail que l’on fait, c’est vraiment la création d’un évènement réel dans un lieu irréel, tout en y mettant le petit plus de réalisme. Cela crée un décalage. C’est ce qui fait la marque de fabrique de NAF NAF. C’est un univers réel mais très peu probable. Il y a toujours une touche de danger, d’amusement, et un travail autour de l’esthétisme. Il y a évidemment une phase de recadrage et de post-traitement pour mettre en valeur le produit. Mais je ne fais que très peu de concessions.
Qu’est-ce qui vous touche le plus chez NAF NAF ? Qu’est-ce que vous ressentez quand vous donnez vie à cette femme NAF NAF et à son univers féérique et décalé ?
Je vois l’évolution des collections et mon œil devient de plus en plus critique. Je m’interroge parfois sur certaines silhouettes. Il y a une grande variation sans que cela parte dans tous les sens. Il y a toujours un mélange rock/romantique. J’ai l’impression que l’on revient à des fondamentaux et j’en suis ravi. C’est une marque que je suis depuis longtemps et je suis content de son évolution.
Comment se déroule la collaboration créative avec le directeur artistique ? Comment se déroule votre travail depuis le premier brief jusqu’à l’aboutissement : la sélection de LA photo, en passant par la prise de vue ?
La collaboration entre le directeur artistique et le photographe peut se résumer ainsi : le premier arrive avec une bonne idée et le second fait en sorte que le résultat ressemble à cette idée.
La façon de procéder est toujours la même. Il y a l’impulsion de Jean Collette qui arrive avec son histoire et quelques références culturelles qui s’entrechoquent, ce qui nous donne une idée générale du lieu. On commence ensuite à parler du cadre. Nous restons toujours connectés avec le conte NAF NAF. On travaille aussi avec Eric Dewaert (pour les décors, ndlr) avec qui nous commençons à confronter les possibilités d’angles de perspectives.
Vient ensuite la fabrication des décors, puis le shooting qui dure 2 jours. Et c’est très intense !
Il y a également un gros travail d’éclairage. Cette campagne est techniquement assez dense car la photo d’origine doit être la plus ressemblante possible de celle que l’on verra ensuite sur les murs des villes. On essaie de faire le moins de retouches possible.
On décide du make up et de la coiffure au dernier moment, pour que ça colle au décor. Par exemple, sur la dernière campagne, la coiffure s’est décidée sur le plateau.
On recommence 50 fois la même chose. Il y a plusieurs étapes de sélection. Tout d’abord, chacun de notre coté puis ensemble pour confronter le tout. C’est un moment stressant car nous avons toujours peur de passer à coté de la bonne photo. On peut tout planter à cause d’une mauvaise sélection. Mais c’est aussi un moment très intéressant.
Nous livrons ensuite une sélection de 3 photos parmi les 1500 qu’on a prises. Nous en discutons avec NAF NAF. N’oublions pas que ce travail est multiplié par deux car il y a deux visuels, un de jour et un de nuit. Cela fait énormément d’éléments.
Nous passons ensuite à la phase des retouches et le retoucheur donne aussi son avis.
Quel a été le dernier shooting que vous ayez réalisé ? De quoi s’agissait-il ?
Il s’agissait la campagne de Minelli, c’est la deuxième que je réalise pour eux, en association avec Jean Collette également. Nous l’avons réalisée en Afrique du Sud dans des décors de cinéma. Ce qui m’a plu dans cette campagne c’est que la modèle est très naturelle, et la photo prise comme un« moment volé » est élégante. Sur ces deux projets (NAF NAF et Minelli), nous avons la démonstration de la variété de l’environnement dans lequel on peut se placer.
Quelques anecdotes à nous raconter ?
Sur le shooting de la 1ère campagne que je faisais pour NAF NAF, lorsqu’on a refait le visuel c’était difficile parce-que la fille ne plaisait pas, elle ne passait pas sur les photos. On a donc décidé de la refaire en prenant la photo du personnage à Paris. Sur le plateau, il y avait 2 filles : Stéphanie qui correspondait tout à fait à la demande avec ses longs cheveux roux flamboyants, et Stella avec ses cheveux courts. Malgré les réticences, j’ai pris la deuxième. Jean Collette a soutenu mon choix et Stella a fait les deux campagnes suivantes avec nous. C’était donc un bon choix.
Travaillez-vous exclusivement dans l’univers de la mode ? Que faites-vous d’autre ?
Je travaille assez exclusivement pour la mode. En publicité, cela peut être pour autre chose mais ça reste à 80% de la photo de mode.
Voici une interview qui nous montre à quel point le métier de photographe est complet et complexe. Cela requiert une grande patience mais aussi et surtout un véritable sens de l’esthétisme.
Nous remercions chaleureusement Stéphane de nous avoir accordé ce temps pour nous transmettre la magie de son métier.
Et merci aussi de rendre l’univers NAF NAF toujours plus féérique au fil des années !